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lundi 11 mars 2019

"Hijab" de running: here we go again (et c'est reparti)

La semaine du 25 février (il y a deux semaines donc), on a eu droit à une magnifique polémique qui nous a bouffé une partie de la semaine, avant de retomber aussi sec comme un soufflé. Cette polémique concerne - une nouvelle fois et pour ne pas changer - les femmes musulmanes qui portent un voile. Cette polémique est initiée - encore une fois et pour ne pas changer - par des islamophobes de tout bord. Et quand je dis de tout bord, je pense à un groupe très particulier qui se dit de gauche, luttant pour la laïcité (mais entre nous, on sait que ce n'est uniquement que de l'islamophobie) et qui a la particularité d'agir en meute sur les réseaux sociaux (en particulier Twitter). Mais je n'en dirais pas plus.

Autopsie de cette polémique.

I- Le commencement: Décathlon commercialise un "hijab" de running...


Résultat de recherche d'images pour "hijab de running"

... Mais pas en France, au Maroc. Au commencement de la polémique, ce hijab de running n'était proposé que dans les magasins Décathlon du Maroc. Selon les responsables de l'enseigne, "cet accessoire a été initialement développé et commercialisé au Maroc, à la demande de pratiquantes locales de course à pied". Ce n'est que plus tard qu'il devra être rendu disponible dans les magasins des autres pays, selon la demande.
"Nous assumons complètement le choix de rendre le sport accessible pour toutes les femmes dans le monde. C'est presque un engagement sociétal, si cela permet à des coureuses de pratiquer la course à pied, nous l'assumons avec sérénité" 
"L'engouement pour le produit a fait que nous nous sommes posés la question de le rendre disponible" ailleurs qu'au Maroc, a ajouté Xavier Rivoire, soulignant que "ce couvre-tête laisse le visage libre et visible". 
Responsable du jogging chez Kalenji, la gamme de course à pied de l'enseigne, Angélique Thibault, qui a conçu le "Hijab Kalenji", se dit "mue par la volonté que chaque femme puisse courir dans chaque quartier, dans chaque ville, dans chaque pays, indépendamment de son niveau sportif, de son état de forme, de sa morphologie, de son budget. Et indépendamment de sa culture".
Extrait de l'article de France 24

Décathlon répond donc à une demande d'une certaine catégorie de population, à savoir les femmes musulmanes qui portent un voile et qui pratiquent un sport. Mais cela ne va pas être du goût de tout le monde en France.

II- La suite: la polémique enfle en France


L'information de la future commercialisation du hijab de running de Décathlon a vite fait le tour de la fachosphère (pour ne pas changer). Le hashtag #BoycottDecathlon a fini en TT. Et ça a fini par arriver aux oreilles de politicien.ne.s qui y sont allé.e.s de leur petit commentaire sur le sujet, pendant les émissions de radio, sur Twitter ou encore entre deux dégustations de fromages régionaux au Salon de l'Agriculture.

"J'ai deux filles et je n'ai pas envie qu'elles vivent dans un pays où la place des femmes dans la société régresse comme en Arabie Saoudite" Nicolas Dupont-Aignan 
"Le sport émancipe. Il ne soumet pas. Mon choix de femme et de citoyenne sera de ne plus faire confiance à une marque qui rompt avec nos valeurs.
Ceux qui tolèrent les femmes dans l'espace public uniquement quand elles se cachent ne sont pas des amoureux de la liberté. #Decathlon"
Aurore Bergé 
"La société française, c'est une société qui dans sa tradition refuse qu'on couvre le visage et le corps humain à l'excès [...] l'image de la femme en France, c'est une image de liberté" François Bayrou
Je vous fait grâce des réactions du RN (anciennement FN)

III- La conclusion: pas de commercialisation en France




Après les menaces physiques et les insultes envers les équipes des magasins et sous pression à cause de cette polémique, l'enseigne de sport finit par renoncer à la commercialisation du hijab.
"Nous prenons effectivement décision en toute responsabilité, en ce mardi soir, de ne pas commercialiser à l'heure qu'il est ce produit en France" 
Le directeur de la communication de Décathlon (RTL)

Rien à ajouter, à part que les islamophobes ont encore gagné. Et visiblement personne ne s'en émeut. Et personne ne s'émeut des menaces reçues par les employé·e·s de Décathlon. Au calme...


Un mauvais remake de la polémique burkini de 2016


Une nouvelle fois, la fachosphère donne le top départ et la direction à prendre en ce qui concerne les polémiques. Pas grand chose à voir avec le sujet de cet article, mais on se rappelle de la polémique autour de la chanteuse Mennel ou de la polémique sur le festival afroféministe Nyansapo et de comment elles ont démarré. C'est dire la situation politique de ce pays. 

Comme pour la modest fashion (mode pudique), le burkini et si on remonte un peut plus loin, l'histoire de la jupe Kiabi de Charleville-Mézières, on ne peut que constater que les islamophobes de tout poil et de tout bord (de droite comme de gauche, des fachos de l'extrême-droite au PR, des féministes ""universalistes"" aux fémonationalistes) ont une nouvelle fois interprété le fait qu'une enseigne réponde à une demande d'une catégorie de population comme le signe de l'islamisation de la France et d'une régression du droit des femmes. 

Cela fait quelques mois, peut-être même plus, qu'un hijab de sport est vendu par Nike. Mais au final, le hijab de running de Décathlon ne sera pas commercialisé en France. Comme pour le burkini, la France s'est émue pour quelque chose qui existe depuis pas mal d'années. Et la France se tape une nouvelle fois une honte internationale à ce sujet. Comme pour l'histoire du burkini.


Paternalisme, défense des droits des femmes, laïcité républicaine... avec islamophobie et racisme bien sûr! 


On a pu lire ou entendre que cela va à l'encontre des valeurs de la France (lesquelles?), que cela ne respecte pas le principe de la laïcité (enfin, soyons sérieux·ses, leur idée fausse de la laïcité), que cela efface les femmes de l'espace public, ou encore que le message envoyé par ces femmes musulmanes qui portent le voile est qu'elles refusent de coucher avec un non-musulman (WTF?!).

Ce qui est drôle (ou pas), c'est que ces ardent·e·s défenseur·euses de la liberté des femmes ne respectent pas la liberté de certaines femmes à disposer de leur corps comme elles le souhaitent. Comme d'habitude, iels défendent leur idée de la liberté des femmes au détriment de femmes déjà fragilisées par l'islamophobie ambiante. Et c'est au nom de leur idée de la liberté et de leur idée de la laïcité que toutes ces personnes soucieuses se permettent de discriminer, harceler, de clouer au pilori des jeunes filles, des jeunes femmes et des femmes déjà très fragilisées par l'islamophobie ordinaire de ce pays. Hum, drôle de manière d'affirmer ses valeurs hein? Liberté, égalité, fraternité? Where?

Ce qui est aussi drôle (toujours pas), c'est qu'iels veulent lutter contre l'effacement des femmes dans l'espace public en voulant interdire le voile islamique. C'est-à-dire en effaçant tout simplement les femmes musulmanes qui portent un voile de l'espace public. Toujours au nom de cette sacro-sainte laïcité.
"La notion même de laïcité est galvaudée. La laïcité « républicaine » tend à [...] « neutraliser » tou·tes les musulman·es. [...] Tout ce qui rend les musulman·es visibles doit être effacé au nom de cette laïcité agressive" (extrait de cet article, oui je m'auto-cite lol) 
J'en avais déjà parlé dans cet article il y a pratiquement 3 ans. Triste de constater que rien n'a beaucoup changé depuis et que ça tend à empirer.


Quid des premières concernées? 


Pendant toute la durée de la polémique, on a écouté, invité, interviewé, donné la parole sur ce sujet à n'importe qui. Mais les premières concernées dans tout ça? Où sont passées les femmes musulmanes qui portent le voile? Et ben comme d'habitude, aucun média ne leur a tendu le micro (à l'exception de C News). Comme d'habitude, on a pris grand soin de les ignorer et de ne pas les écouter. Comme d'habitude, les white feminists et leurs alliés profems en carton ont pris grand soin de s'accaparer le sujet et de ne laisser place à quasiment aucun contradicteur (même Clément Viktorovitch a eu les plus grandes difficultés à se faire entendre).

Here we go again...


Pour conclure 


Cette dernière polémique concernant les femmes musulmanes montre à quel point l'islamophobie dans ce pays est présente. Elle montre le paternalisme dont font preuve les féministes universalistes à essayer de "libérer, délivrer" les femmes musulmanes qui portent le voile. Elle montre à quel point les islamophobes sont prêt·e·s à détourner la notion de laïcité pour que ça colle avec leurs idées rances. Elle montre aussi que les islamophobes s'imaginent des choses totalement grotesques concernant la vie de ces femmes musulmanes. Iels tergiversent sur ces sujets. Iels jouent aux expert·e·s. Iels parlent d'elles à longueur de temps, mais iels ne parlent pas avec elles. En même temps, pourquoi parler avec elles? C'est tellement plus simple de parler à leur place!

Et pourtant, ces femmes ont beaucoup, beaucoup de choses à nous dire, à vous dire. Il faudrait peut-être les écouter non?
⇒ Témoignages suite aux propos de Laurence Rossignol sur l'esclavage et le port du voile
Un article de Lallab à propos de cette polémique
Témoignage de Lallab sur LCI

Et peut-être devrait-on songer à réellement combattre l'islamophobie sous toutes ses formes, même la plus "républicaine". Et si votre féminisme consiste à exclure ou à rendre difficile la vie de certaines femmes, parce qu'elles ne correspondent pas à votre idéal ou à votre vision de "la femme", le problème vient un peu de vous.

"Il serait temps d’appliquer ce principe féministe du droit à disposer de son corps. Une femme en hijab ne vaut pas moins, ou pas plus qu’une femme sans hijab. Une femme en burkini ne vaut pas moins, ou pas plus qu’une femme en bikini."

mercredi 30 mars 2016

Les signes qui vous montrent que vous êtes une pute (d'après les réseaux sociaux)

(Je tiens à remercier les gen.te.s de Twitter pour leur aide dans l'élaboration de cet article:
Encore merci pour ces quelques perles dénichées!)

[TW Slut-shaming]

Sur les réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook, on peut apprendre énormément de choses. Par exemple c'est sur Twitter que j'ai forgé mon militantisme. J'ai appris plusieurs choses sur l'afro-féminisme ou sur la body-positivity. J'ai même rencontré plusieurs followers, c'est vraiment sympa!

Mais (parce qu'il y a toujours un "mais") c'est aussi parfois le théâtre d'insultes, de coups bas, de clashs par tweets ou posts interposés. Et quand on est une femme (ou perçue comme femme dans le cas des non-binaires), on s'en prend plus souvent la gueule que n'importe qui d'autre. C'est le constat de plusieurs féministes avec le tag #TwitterAgainstWomen et d'une twitta qui a compilé les posts misogynes qu'on peut trouver sur les réseaux sociaux.

Ce qui revient le plus souvent, ce sont les "putes", "puteuh!" et "j'ai dis PUTEUH!" sur Twitter. On connait tous la définition de ce mot qui est: "Prostituée et par extension, personne de mauvaise vie. Synonyme: putain, salope". 

Donc voici 16 signes 17 signes 18 signes qui montrent que vous êtes une pute d'après les réseaux sociaux

vendredi 26 juin 2015

Non, je ne fermerai pas ma gueule!


Je suis épuisée. Epuisée par ces gens qui pensent qu'on peut absolument tout dire, même les choses les plus horribles. J'en ai assez de ces personnes qui pensent qu'on les censure quand on dit que quelque chose est problématique. Et je suis déprimée par ces autres personnes qui disent aux militant-e-s féministes ou anti-racistes (entres autres) qu'iels exagèrent quand un truc ne va pas.

J'en ai fait l'amère expérience il y a quelques jours, quand j'ai vu un événement Facebook qui "parodiait" les défis "30 jours pour avoir un corps de rêve". "parodiait" entre guillemets, parce que faire de la grossophobie pour dénoncer les diktats de beauté, c'est pas vraiment de la parodie. C'est même très dérangeant. Je me suis permis de leur poster un message, et d'engager une discussion avec des personnes qui approuvent cet événement. Admirez la conversation...
Entre le point "je suis suis humourophobe", et le point "ma mère est obèse, et elle m'a dit d'en rire", j'ai eu du mal à faire comprendre que non, perpétuer les clichés à propos des personnes en surpoids ou obèses n'est pas un moyen efficace de lutter contre la norme du corps mince et tonique. Des étudiantes en communication on tenté la même chose, et ça n'est pas du tout bien passé. Je parle du projet "Grosse et Dépressive", et Belinda Georges explique très bien pourquoi c'est malaisant.

Si il n'y avait que ça...


jeudi 16 avril 2015

Le harcèlement de rue (épisode "les meufs exagèrent")


J'avais écrit un article sur le harcèlement de rue (HdR) en octobre 2012 (lire ici). Deux ans et demi plus tard, pas grand chose n'a évolué, le HdR est toujours autant présent. Mais des associations de lutte ont vu le jour, d'autres ont bénéficié d'une visibilité plus forte après le reportage de Sofie Peters.

Je vais en reparler ici, par rapport au hashtag #PlutôtSympa sur Twitter, qui a vu le jour après un tweet de Sophie de Menthon (Jetez un coup d'œil au Tweet de @SdeMenthon). Sur ce hashtag, des centaines de jeunes femmes ont raconté une expérience de HdR qu'elles ont vécu dans les transports ou dans la rue. Parce qu'elles estimaient que le tweet de madame de Menthon était déplacé et que ça minimisait ce phènomène. Ben oui visiblement le constat mis en évidence dans le rapport du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes, puisque la conclusion du rapport est que: 100% des utilisatrices des transports en commun ont été victimes, au moins une fois dans leur vie, d’agression ou de harcèlement sexuel. Chaque fois qu'on aborde ce sujet, la première chose qu'on nous dit, c'est que "les femmes exagèrent"! Ah. Ben. D'ACCORD.

lundi 17 novembre 2014

Une loi sur l'habillement féminin aux Comores?!!

Mise à jour du 26/01:
La loi a finalement été rejetée. Yeah!!

Article initialement publié le 17/11/2014:
J'en suis restée sur le cul quand j'ai vu cet article passé sur ma TL Twitter ==> La femme comorienne visée par la proposition de loi relative à l'habillement féminin

Il [le député Mahamoud Attoumane] souhaiterait réglementer la mode vestimentaire de la femme comorienne musulmane conformément aux préceptes de l'islam [...] 
Il propose qu'on oblige la femme comorienne à se couvrir tout le corps, ne laissant apparaître que le visage, les mains jusqu'aux poignets, et les pieds jusqu'aux chevilles. La proposition de loi prévoit une amende de 10.000 francs comoriens et un emprisonnement de 1 à 10 jours pour toutes celles qui enfreindraient ces obligations. [...] 
Le député explique que l'exhibition de la femme incite à la violence sexuelle. C'est notamment le cas avec des "habits serrés qui montrent la forme du corps ou des habits transparents qui laissent entrevoir ou paraître la peau"
Comment vous dire que je suis totalement contre cette loi? Déjà, contrairement à ce que ce député laisse entendre, les femmes et les jeunes filles comoriennes ne sont pas habillées de manière provocante. Dans nos vêtements traditionnels, on a le kichali (châle couvrant la tête et les épaules), le salouva (porté surtout par les femmes mariées), et le chiromani.

mardi 29 avril 2014

Le truc qui m'a énervé


TW/CW agression sexuelle et slut-shaming

J'en ai parlé sur Twitter (@3lawan pour ceux qui ne me suivent pas encore): quelqu'un a partagé un article d'un blog, article où on a en exclu une tribune sur un des témoins de l'agression d'une jeune femme dans un métro à Lille. Je rappelle que cette agression s'est déroulée durant 20 minutes, sans que personne n'intervienne à l'intérieur du métro, ou de la station de métro. Bref, ce témoin fait publier sa tribune sur un blog anti-féministe. Déjà, rien que quand on voit le titre du blog, on se dit que le témoignage va être atroce. Surtout quand on lit ça: "sachant que votre site seul serait susceptible de publier mon témoignage en entier." On sent la teneur du témoignage. Mais j'ai voulu lire. J'suis pas allée au bout la première fois. C'était insupportable.

Je ne vous donnerai pas le site, je leur ai assez généré de visite comme ça (deux visites de ma part, ça suffira). Parce qu'il se trouve que ce témoin a choisi de justifier sa non-action vis à vis de cette agression. Je cite: "Nous ne sommes pas des monstres". Au début je me suis dit que cette personne avait sûrement peur d'aggraver la situation. ce que je peux comprendre, moi même je suis de nature peureuse. Mais la suite de ce texte a fini de me dégouter. J'ai lu jusqu'au bout et voici mes morceaux choisis.

lundi 7 avril 2014

La culture du viol

La culture du viol, c'est quoi? TW
"La culture du viol véhicule des mythes sur le viol tendant à réhabiliter les agresseurs et blâmer les victimes. Les mythes sur le viol peuvent être regroupés en trois catégories : la négation ou minimisation du viol, la négation du non-consentement de la victime, ou le blâme de celle-ci." Définition Wikipédia
En d'autres termes, la culture du viol, c'est:
- quand on nie qu'une victime a été violée du genre "ouais mais non c'est rien!!"
- quand on nie qu'elle a dit non à ce rapport sexuel du style "j'suis sûre qu'au fond tu voulais!!"
- quand on blâme la victime du style "oui mais toi aussi qui t'as dit de t'habiller comme ça/de sortir à cette heure là" (et j'en passe)

lundi 31 mars 2014

"Beurette à khel", le truc qui me sort par les yeux


J'ai écrit cet article pour dénoncer le racisme et le sexisme de ce terme "beurette à khel". Mais je ne cherche pas à prendre la place des premières concernées, c'est-à-dire les femmes maghrébines. Si vous voulez en savoir plus, voici deux articles écrits sur ce sujet:
- Ne m'appelez plus jamais "Beurette" par Faïza Zerouala 
- "Beurette": généalogie et analyse d'une insulte par Mouqawamet


Article publié initialement le 31 mars 2014:
TW racisme et sexisme
Hier soir, pendant ma soirée glandage sur Facebook du samedi soir (oui ça c'est quand je ne bouge pas de la maison...), ma soeur m'envoie un message avec une photo. Sur cette photo, quatre personne: un de mes cousins avec un de ses potes et deux jeunes filles. Une photo banale me direz vous. Mais si je vous dis que sur cette photo, les deux garçons sont noirs, et les deux jeunes filles sont maghrébines? Bon d'accord, ça ne pose toujours pas de problème! Le problème? Je vais vous l'expliquer.

dimanche 16 mars 2014

Vous reprendrez bien un peu de slut-shaming?


Vendredi soir, en rentrant de ma journée géniale (instant racontage de life: travaux pratiques à la fac, boutique de jeux vidéos rétro, petit moment sympa avec chéri doudou et petite bouffe avec une pote), j'ai eu la mauvaise surprise de constater qu'en 2014, quoi que les femmes fassent, elles seront toujours critiquées. Et qu'en passant, le slut-shaming et le harcèlement de rue est toujours autant d'actualité. Un peu comme... Disons les années 50. Les années 50 après JC.
Déjà, ça a commencé avec le récit de Jack Parker (c'est une femme hein, qu'on se mette d'accord avant que vous disiez que je ne vous ai pas prévenu) que vous trouverez ici mais attention, c'est un truc de fou.

Pour faire bref, un mec qui doit avoir la quarantaine s'est "permis" de foutre sa main entre les jambes de Jack Parker. Non vous n'avez pas halluciné, vous avez bien lu. C'est horrible et dégueulasse, mais elle s'est bien défendu. Après son agression (ou carrément son viol), elle raconte son aventure. Ce qu'on peut parfaitement comprendre. Sauf pour certains...
Ça continue donc avec les commentaires que j'ai lu (on m'avait prévenu qu'il y avait du level), et là, ma foi en l'humanité est descendu à -75 sur une échelle allant de 1 à 10. Jack a compilé le meilleur (#ironie) de ces commentaires dans un second post sur son Tumblr. Alors ça va du "elle l'a bien cherché avec sa jupe", en passant par un soupçon de "à Paris c'est comme ça, fallait s'y attendre, sinon déménage". Il y a eu aussi la comparaison "fille en jupe" = "mec à poil avec une érection " (hum, poétique...), la comparaison "porter une jupe" = "pute", et la palme revient à celui qui n'y croit pas et qui pense que c'est une propagande féministe et qu'à cause de ce genre de récit les viols vont exploser. Bref, du bon slut-shaming avec une bonne dose de victim-blaming. Eurk...
Vous vous rendez compte qu'on est en 2014, et qu'on insulte des femmes parce qu'elles ont osé porté une robe/jupe? Vous vous rendez compte que malgré une agression on remet la parole de la victime en doute, et on arrive même à trouver des excuses à l'agresseur? Vous trouvez normal qu'on bashe la victime d'une agression sexuelle parce qu'elle en parle sur Internet? Vous trouvez normal qu'on lui dise qu'elle l'a bien cherché?

Un type chelou a passé 5 minutes à me toucher le cul alors que je rentrais chez moi avec un pote. J'étais en jean-tee-shirt-basket et j'avais 10/11 ans. Je l'ai cherché? Un proche (25 piges) a failli me violer chez moi, j'avais 12 ans, j'ai provoqué le mec? Un mec bourré a voulu me tripoter les seins et a réussi à me palper les fesses dans la rue alors que j'étais avec des cousines. 17 ans. Je l'ai cherché? Et le plus récent, un mec qui a la quarantaine (oooh! Comme le mec qui a voulu doigter Jack Parker!), qui m'a suivi pendant 10 stations de métro en me racontant qu'il s'était tapé une antillaise avec des gros seins sans oublier les détails, comme si il voulait que je sois la prochaine. Quand bien même j'ai la mêmes grosse poitrine que cette nana, est-ce que ça justifie ce harcèlement? À toutes ces questions, la réponse est la même : NON!!

Quelqu'un sur Facebook avait fait cette brillante remarque (pas exactement en ces termes mais l'idée est là): "Farida Belghoul (celle qui a lancé le mouvement "Jour de Retrait des Écoles" contre la "théorie du genre") a dit que la jupe est un vêtement naturel de la femme. Alors pourquoi on fait chier Jack Parker?"
Commençons à partir de ça. Alors effectivement la jupe comme la robe sont des vêtements féminin. On nous incite à mettre en valeur notre féminité donc on va porter des robes et des jupes. MAIS si on a le malheur de porter une jupe, on est taxé de "pute" et si on est agressée/harcelée/sifflée, c'est de notre faute, c'est à cause de cette jupe! Et en plus, visiblement pour certains, porter une jupe signifie "se foutre à poil" et ça enverrait des signaux du genre "VENEZ ME BAISER JE SUIS OPEN". Il y a 60 ans on insultait les femmes qui osaient porter un pantalon. Aujourd'hui on insulte celles qui portent des robes ou des jupes. On blâme ces femmes à qui on a bassiné des années en leur répétant que ce sont des vêtements de fâââmme. On les accuse d'attentat à la pudeur, on les accuse d'exciter les hommes... Même raisonnement avec les femmes voilées: on demande aux femmes d'être pudique, de ne pas exciter les hommes avec leur vêtements. Alors elles se voilent, elles s'habillent avec des vêtements amples. Et dans la rue, on les insulte et parfois on les agresse! au collège, on les humilie parce qu'elles ont eu l'outrecuidance de porter une jupe trop longue! Quoi qu'elles portent, y a toujours un truc qui ne va pas!

Il y a eu aussi des attaques contre une Twitta, qui a en photo de profil sa tête, avec un peu de ses seins. Les gens qui s'offusquent de voir un bout de nichon sur une photo, alors qu'à la télé y a que ça et qu'à la plage ils se font plaisir à mater les filles en bikini/à bronzer topless (ou avec le haut du maillot).
Non franchement les meufs, au point où on en est, foutez-vous à poil, portez la burqa, foutez-vous en jogging, mettez un slim ou un baggy, portez une robe ou une jupe, longue ou mini, maquillez-vous (ou pas), portez le hijab, mettez un chapeau/un bandeau/un bandana, montrez vos seins, cachez-les, parfumez-vous, épilez-vous, laissez vos poils, ne mettez pas de deo, portez des baskets ou des talons de 15 cm... Faites comme vous voulez parce que de toute manière y a pas le choix: le jour où les gens comprendront que les femmes peuvent faire ce qu'elles veulent de leur corps, ils accepteront. Mais comme ce jour n'est pas (encore) arrivé, les gens continueront à critiquer tout ce que vous faites, quoique vous fassiez. Alors faites comme vous le sentez les filles, après tout, YOLO (you only live once, "tu ne vis qu'une fois sur Terre")

PS: je me suis toujours demandé si ces mecs qui blâme la victime d'une agression sexuelle, ces mecs qui traitent certaines femmes de pute avaient des soeurs? Est-ce qu'ils diraient ça à leur soeur? Ou à leur mère?
Ce qui m'inquiète aussi, ce sont les femmes qui intériorisent ces clichés, et qui a leur tour insultent les autres femmes à cause de leur fringues ou qui blâment à leur tour les victimes d'agression...

PS3: Maitre Eolas, qui est très actif sur Twitter a affirmé que ceux qui trouvaient que Jack Parker a bien cherché à subir son agression peuvent risquer des peines de prison en correctionnelle. Alors les gens, vous assumez vos paroles?

dimanche 18 novembre 2012

Le sexisme ordinaire




Ah! le sexisme! ce sujet qui nous touche plus ou moins tous les jours! Plus le temps passe, plus je découvre des choses à ce propos, et ça me laisse sur mon coccyx (aïe!)

Déjà, historiquement, ce terme est né avec l'émergence du mouvement féministe en France dans les années 60. D'après Wikipedia, "Ce mot, calqué sur « racisme », a pour vocation de dénoncer les croyances, valeurs et attitudes fondées sur des modèles stéréotypés et intériorisés, bref, la construction selon le genre de la société. Le sexisme divise les rôles, habiletés, intérêts et comportements selon le sexe. Les effets principaux sont la discrimination envers l'un des sexe et l'aliénation des deux sexes."

Aujourd'hui quand on parle de sexisme, on pense souvent aux différences de salaires entre les hommes et les femmes, au fait que ce soient les femmes qui font les tâches ménagères et les hommes les tâches de bricoleur. et j'en passe. Mais on ne fait pas assez attention au sexisme ordinaire, celui qu'on voit tous les jours, qu'on subit tous les jours.

dimanche 21 octobre 2012

Le harcèlement et les insultes qui vont avec...

Pour mon premier article sur ce blog, j'ai décidé de m'adresser aux filles et aux femmes qui connaissent bien ce sujet, trop bien même...

Vous vous promenez, vous faites vos courses, vous sortez entre amis, vous rentrez chez vous après une journée de travail ou une journée de cours, vous allez voir de la famille et j'en passe. Et sur votre route, un homme (charmant ou pas du tout) vous aborde et vous complimente sur votre physique. Parfois même il vous invite à boire un verre. Mais ça c'est le plus gentil, parce qu'il y en a d'autres qui vous sifflent, et pire, qui vous insultent...
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